05/05/2008

Préparation d'un voyage "DELTA DU DANUBE. ROUMANIE"

Un voyage sur une autre ligne de migration. 

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En Belgique nous appartenons à la ligne de migration dite de l’ouest, les oiseaux provenant du nord passent par chez nous et change de continent par le lieu le plus facile le détroit de Gibraltar. Une autre ligne de migration bien plus à l’est est la ligne du Bosphore ou les oiseaux européens peuvent côtoyer les oiseaux asiatiques.Un exemple frappant est le Rossignol. Le long de la migration de l’ouest nous allons rencontrer à 99% le Rossignol philoméle - Luscinia megarhynchos tandis que le long de la migration de l’est nous rencontrerons le Rossignol progné - Luscinia luscinia à 99%. 

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Le climat du Delta du Danube.

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Le Delta du Danube a un climat tempéré, semi-aride, avec une grande variété de microclimats. Cette région se caractérise par la longue durée de l'éclat du soleil, ayant également la plus réduite nébulosité du pays et des précipitations faibles (la moyenne annuelle: 400 mm). La température moyenne en juillet: 24 C et en septembre: 21 C.L'humidité de l'air enregistre les plus hautes valeurs sur le territoire de la Roumanie: elle varie entre environ 85% en hiver et environ 70% en été. La couche de neige est petit et dure peu de temps, pendant les hivers rigoureux. Les vents prédominants soufflent du côté du secteur nordique (Crivat). 

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Sur les traces du groupe des Jeunes Natagora Belgique.

En 2007 Anne Laure, Alexandre, Xavier et Simon ont été baguer les oiseaux à St Gheorges au delta du Danube, un camp ornithologique organisé par le groupe des jeunes ornithologues Suisses « Nos Oiseaux ».

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Après l’avion, le taxi, le train ou le microbus, ils sont arrivés à Tulcea ville de départ de la partie aquatique du voyage.

Un voyage de minimum 3 heures sur le plus vieux bras du delta celui qui emmène l’équipe en bordure de la Mer Noire à Sfantu Gheorghe ville d’environ 1.000 habitant.

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C'est trois heures de navigation à travers ce Monument naturel.

Classé « monument naturel » au Patrimoine de l’Humanité, au même titre que la Forêt Amazonienne et la Grande Barrière de Corail, cet endroit est sérieusement protégé des médias et des braconniers locaux, ainsi que d’un tourisme trop envahissant.

Seuls des personnages très importants de l’ancien système osent encore chasser, non sans protestations officielles et journalistiques.

Sur 5640 km carrés, le seul système de filtrage des eaux usées charriées par le Danube reste ce Delta.

Alors prudence : une vaste augmentation de la population pendant l’été serait fatale à l’écosystème.

Les « polders » de Ceausescu Nicolae Ceausescu avait décidé de combler certains canaux, d’assécher de vastes zones et de faire produire cette surface "inutile".

Les protestations des scientifiques et des habitants furent étouffées. Une fois l’écosystème désorganisé, la production de poisson chuta dramatiquement sans que la fortune espérée des cultures soit au rendez-vous.

La réelle richesse première était le caviar fourni par l’esturgeon, un rescapé de la préhistoire qui peut atteindre trois mètres pour le mâle. La femelle de dimension plus modeste était porteuse des oeufs rarissimes soit 15kg par animal. Encore faut-il que les frayères restent propres et en eau.

Celles encore intactes sont bien gardées car la tentation a grandi avec ses temps difficiles.

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Lipovènes

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D’énormes brochets, sandres et silures alimentent la table au quotidien.

Le fleuve nourrit les hommes, leur permet de se laver, de se désaltérer et d’habiter les petites bandes de terre sableuse où les pêcheurs se sont installés.

Persécutés par le Tzar Pierre-le-Grand au 17ème siècle, des « vieux-croyants » sont venus de Russie pour trouver refuge ici auprès des autochtones grecs et roumains.

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De ce mélange sont nés les Lipovènes, grands, barbus, souvent la chevelure blanche et les yeux bleus. Ces hommes se dressent fièrement sur leurs barques, ils sillonnent inlassablement les rivières en jetant les filets.


Une bouillabaisse, un verre de pälincä, les plats ne sont pas variés dans le Delta et la viande rare. Quand les inondations ne détruisent pas les potagers, l’hiver se passe sans trop de dégâts. Mais quand le gel fige les canaux, il ne fait pas très chaud dans la maisonnette de terre chauffée aux roseaux, le bois étant ici un produit rare et convoité. Une « Amazonie » qui saurait ce qu’est la neige...

 

Raison de plus pour protéger la fabuleuse forêt de Letea où prospèrent chênes séculaires et autres essences rares. Sept kilomètres carrés d’une curieuse végétation de marécages et de lianes : ce n’est pas l’Amazonie mais ça y ressemble. Lieu magique mystérieux, véritable paradis au bout de l’Europe, il faut traverser deux kilomètres de marécages à pied pour mériter cette vision insolite.

Au détour d’un bras ombragé vous verrez s’envoler des centaines de cygnes, vous découvrirez l’ibis, l’aigrette, le héron cendré, le martin-pêcheur ou le grand pélican jalousé par le pêcheur qui n’aime guère partager le poisson.

Deux cent quatre-vingt espèces forment cette faune ornithologique, certains oiseaux ne feront que de passer comme les cigognes mais la plupart des espèces sont sédentaires.

 

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